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20.09.2008
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mearci beaucoup pour ce génial cite
Par Ali , le 03.06.2014

ma résumer mata wza
Par Anonyme, le 06.02.2014

merci trop (y)
Par oumayma, le 04.02.2014

chapitre 11 ??? -_-
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mercihttp://fr idissa.centerb log.net
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Il était une fois un vieux couple heureux ( extrait)

Il était une fois un vieux couple heureux ( extrait)

Publié le 15/04/2010 à 15:56 par francais7
Mohammed khaïr-Eddine
Il était une fois un vieux couple heureux
Récit

Extrait :
Il but son thé à petites gorgées, fuma plusieurs cigarettes. Cette brusque escapade dans le passé avait rouvert certaines plaies qu'il croyait cicatrisées depuis longtemps. Il se revit errant de ville en ville à la recherche d'un travail, mais il n'y avait rien. La misère régnait partout et une grande épidémie de typhus emportait les plus faibles. Seuls les Européens étaient soignés à temps. Cette maladie sévissait surtout dans le peuple, chez les indigènes comme on les appelait alors. Il y avait des poux partout. Chez les Européens, les poux n'existaient pas. Certains esprits moqueurs disaient: « Qui n'a pas de poux n'est pas musulman ... » Les Français vivaient dans la propreté tandis que les indigènes s'entassaient les uns sur les autres dans des gourbis confinés. Plusieurs années de sécheresse avaient appauvri la campagne jadis riche en céréales qu'on exportait vers l'Europe. Maintenant, les paysans se nourrissaient de racines et de tubercules, eux aussi très rares. Les morts
se chiffraient par milliers : « C'est la racaille qui crève, disait-on. Bon débarras! » Les colons récupéraient ainsi des terres abandonnées. Ils foraient des puits, plantaient des orangers, semaient du blé. Ils prospéraient sur ces terres qui n'avaient vu que des cadavres. Les humbles fellahs d'autrefois se voyaient contraints de travailler au service des nouveaux maîtres pour survivre. Ceux qui avaient eu la chance d'être engagés pouvaient compter sur l'aide du maître. Ils étaient alors pris en charge, soignés, bien nourris et ils pouvaient échapper au sort tragique qui décimait les gens des noualas et autres hameaux qu'on finissait par déserter pour fuir une mort certaine. Des masses d’hommes envahissaient les villes et retrouvaient parqués dans des bidonvilles déjà surpeuplés. Rares étaient ceux qui travaillaient. En Europe, la Guerre durait, depuis deux ans. Seules les usines d'armement allemandes fonctionnaient. La France était sous la botte nazie, mais les autorités coloniales, qui étaient vichystes, envoyaient tout en métropole. Il n'y avait donc rien à manger pour les autochtones.Avec le débarquement américain de 1942, qui cloua au sol la flotte aérienne française fidèle au maréchal Pétain, 1es choses se remirent à fonctionner à peu près normalement. On ouvrit des chantiers, le dollar coula à flot. Les bases militaires américaines employant beaucoup de Marocains, l'arrière-pays en profita. On soignait les malades. Du jour au lendemain le typhus disparut. Et, comme par hasard, la pluie se remit à tomber. Les campagnes reverdirent. On se remit à procréer. L'armée française engagea des jeunes qu'on envoyait sur les fronts d'Europe, en Italie et ailleurs. On rendait hommage à la bravoure du Marocain tout en oubliant qu'on l'avait jusque-là méprisé. On promit même l'indépendance à Mohammed V, lorsque la Guerre serait finie, mais on oublia ce serment. L'euphorie des lendemains de la Guerre était telle qu'on recommença à traiter le colonisé de sous-homme, de turbulent et d'ignorant congénital. D'arriéré pathologique en quelque sorte. Le Marocain ouvrit des écoles privées pour instruire ses enfants. Il lutta fermement pour sa liberté. Les prisons étaient pleines à craquer de résistants. Les exécutions sommaires étaient monnaie courante. On en était là au moment où le Mokhazni était venu se renseigner sur les fugitifs recherchés par la police. Bouchaïb l'avait renvoyé sans autre forme de procès. Ils étaient bel et bien au village. Ils se rendaient même au souk de temps en temps, mais ils savaient se fondre dans la foule et disparaître au bon moment On entendait depuis quelques jours l'explosion de mines… C'était l'un de ces recherchés qui brisait un flanc de la montagne pour agrandir sa maison. Il avait besoin de pierre pour cela. Il avait réussi le tour de force de se faire délivrer, par le capitaine commandant le canton une autorisation d'achat d'explosifs. Il avait dû avait fournir une fausse identité sans doute. Ou soudoyer un fonctionnaire…Nul n'en savait rien. Bouchaïb, qui allait chez lui pour écouter la radio, la seule radio du village, était au courant de ce qui se passait dans les villes du Nord. Chaque jour, des traîtres étaient exécutés, des bombes explosaient dans les marchés européens et aux terrasses de certains cafés à l'heure de l'apéritif. Des journaux interdits se vendaient sous le manteau. On écoutait comme une parole sacrée La voix des Arabes émise depuis Le Caire. On avait le moral car on estimait qu'on pouvait gagner. En Algérie même et après la défaite de Diên Biên Phu, la guerre de libération avait commencé. Le colonialiste était aux abois mais il ne l'admettait pas encore. On n'en était pas encore là. Il allait se ruiner dans cette aventure et accepter l'inacceptable, à savoir l'indépendance des opprimés.
……………………………………………………………………………………………………….

- Une escapade : une fugue ; ici le mot est utilisé au sens figuré pour signifier « action de se remémorer le passé : « cette brusque escapade dans le passé… »
- Une plaie : une blessure ; une entaille, une déchirure apparente. Ici, le terme est une employé au sens figuré ; il signifie « des souvenirs douloureux » . la locution « rouvrir une plaie » signifie « raviver une ancienne douleur »
- « Il se revit » : le narrateur évoque des souvenirs. Le verbe pronominal « se revoir » signifie « voir de nouveau en esprit, par la mémoire ».
Bouchaïb se remémore donc le passé : «Cette brusque escapade dans le passé », son passé et celui de son pays, les deux étant indissociables.
- « Une grande épidémie de typhus » : Le typhus est une maladie transmissible qui a déterminé au Maroc des épidémies très meurtrières entre1913-1914 puis entre1943-1944. Elle est propagée par les poux du corps et des vêtements. C'est donc contre ces parasites et contre la malpropreté tant du corps que du logement qu'il faut lutter pour se prémunir contre cette affection redoutable qui sévit surtout en temps de famine.
Les mesures prophylactiques sont les suivantes : bains fréquents avec savonnage de tout le corps ; lavage des linges à l'eau bouillante, désinfection des vêtements à 1’étuve à vapeur , lavage du sol des chambres (carrelages, ciment, dallage, planchers) avec une solution d’eau de Javel.
-« indigène » : qui appartient à un groupe ethnique existant dans un pays d'outre-mer avant sa colonisation.
-« tandis que » : locution conjonctive marquant l'opposition dans la simultanéité, et par extension l'opposition : alors que, à un moment où au contraire…
« Les morts se chiffraient par milliers …Les colons récupéraient ainsi des terres abandonnées ».
-« Gourbi », n.m: habitation rudimentaire en Afrique du Nord (une cabane, une hutte). Au niveau familier, un gourbi est une habitation misérable et sale (une cambuse, un taudis).
-« Nouala » : habitation de fortune ; cabane en torchis au Maghreb.
- Un tubercule : racine pivotante très renflée de certaines plantes comestibles (patate, pomme de terre, radis, navet, etc.).
- La racaille : les gens sans importance, la canaille, la populace.