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20.09.2008
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Antigone (deuxième partie)

Antigone (deuxième partie)

Publié le 15/04/2010 à 15:37 par francais7
La nourrice entre
Tiens, te voilà un bon café et des tartines, mon pigeon. Mange.
Antigone
Je n’ai pas très faim, nourrice.
La nourrice
Je te les ai grillées moi-même et beurrées comme tu les aimes.
Antigone
Tu es gentille, nounou. Je vais seulement boire un peu.
La nourrice
Où as-tu mal ?
Antigone
Nulle part, nounou. Mais fais-moi tout de même bien chaud comme lorsque j’étais malade... Nounou plus forte que la fièvre, nounou plus forte que le cauchemar, plus forte que l’ombre de l’armoire qui ricane et se transforme d’heure en heure sur le mur, plus forte que les mille insectes du silence qui rongent quelque chose, quelque part dans la nuit, plus forte que la nuit elle-même avec son hululement de folle qu’on n’entend pas ; nounou plus forte que la mort. Donne-moi ta main comme lorsque tu restais à côté de mon lit.
La nourrice
Qu’est-ce que tu as, ma petite colombe ?
Antigone
Rien, nounou. Je suis seulement encore un peu petite pour tout cela. Mais il n’y a que toi qui dois le savoir.
Antigone fait jurer à la nourrice de s’occuper de sa chienne.
La nourrice sort, étonnée et un peu inquiète. Hémon parait).
Antigone court à Hémon.
Antigone
Pardon, Hémon, pour notre dispute d’hier soir et pour tout. C’est moi qui avais tort. Je te prie de me pardonner.
Hémon
Tu sais bien que je t’avais pardonné, à peine avais-tu claqué la porte. Ton parfum était encore là et je t’avais déjà pardonné. (Il la tient dans ses bras, il sourit, il la regarde.) A qui l’avais-tu volé, ce parfum ?
Antigone
À Ismène
Hémon
Et le rouge à lèvres, la poudre, la belle robe ?
Antigone
Aussi
Hémon
En quel honneur t’étais-tu faite si belle ?
Antigone
Je te le dirai. (Elle se serre contre lui un peu plus fort) Oh ! mon chéri, comme j’ai été bête ! Tout un soir gaspillé. Un beau soir.
Hémon
Nous aurons d’autres soirs, Antigone.
Antigone
Peut-être pas.
Hémon
Et d’autres disputes aussi. C’est plein de disputes un bonheur.
Antigone
Un bonheur, oui... Ecoute, Hémon.
Hémon
Oui.
Antigone
Ne ris pas ce matin. Sois grave.
Hémon
Je suis grave.
Antigone
Et serre-moi. Plus fort que tu ne m’as jamais serrée. Que toute ta force s’imprime dans moi.
Hémon
Là. De toute ma force.
Antigone, dans un souffle.
C’est bon. (Ils restent un instant sans rien dire, puis elle commence doucement.) Ecoute, Hémon.
Hémon
Oui.
Antigone
Je voulais te dire ce matin... Le petit garçon que nous aurions eu tous les deux...
Hémon
Oui
Antigone
Tu sais, je l’aurais bien défendu contre tout.
Hémon
Oui, Antigone.
Antigone

Oh ! Je l’aurais serré si fort qu’il n’aurait jamais eu peur, je te le jure. Ni du soir qui vient, ni de l’angoisse du plein soleil immobile, ni des ombres... Notre petit garçon, Hémon ! Il aurait eu une maman toute petite et mal peignée -mais plus sûre que toutes les vraies mères du monde avec leurs vraies poitrines et leurs grands tabliers. Tu le crois, n’est-ce pas ?
Hémon
Oui, mon amour.
Antigone
Et tu crois aussi, n’est-ce pas, que toi, tu aurais eu une vraie femme ?
Hémon la tient.
J’ai une vraie femme.
Antigone, crie soudain, blottie contre lui.
Oh ! tu m’aimais, Hémon, tu m’aimais, tu en es bien sûr, ce soir-là?
Hémon la berce doucement.
Quel soir ?
Antigone
Tu es bien sûr qu’à ce bal où tu es venu me chercher dans mon coin, tu ne t’es pas trompé de jeune fille ? Tu es sûr que tu n’as jamais regretté depuis, jamais pensé, même tout au fond de toi, même une fois, que tu aurais plutôt dû demander Ismène ?
Hémon
Idiote !
Antigone
Tu m’aimes, n’est-ce pas ? Tu m’aimes comme une femme ? Tes bras qui me serrent ne mentent pas ? Tes grandes mains posées sur mon dos ne mentent pas, ni ton odeur, ni ce bon chaud, ni cette grande confiance qui m’inonde quand j’ai la tête au creux de ton cou ?
Hémon
Oui, Antigone, je t’aime comme une femme.
Antigone
Je suis noire et maigre. Ismène est rose et dorée comme un fruit.
Hémon murmure.
Antigone...
Antigone
Oh ! Je suis toute rouge de honte. Mais il faut que je sache ce matin. Dis la vérité, je t’en prie. Quand tu penses que je serai à toi, est-ce que tu sens au milieu de toi comme un grand trou qui se creuse, comme quelque chose qui meurt ?
Hémon
Oui, Antigone.
Antigone dans un souffle, après un temps.
Moi, je sens comme cela. Et je voulais te dire que j’aurais été très fière d’être ta femme, ta vraie femme, sur qui tu aurais posé ta main, le soir, en t’asseyant, sans penser, comme sur une chose bien à toi. (Elle s’est détachée de lui, elle a pris un autre ton) Voilà. Maintenant, je vais te dire encore deux choses. Et quand je les aurais dites, il faudra que tu sortes sans me questionner. Même si elles te paraissent extraordinaires, même si elles te font de la peine. Jure-le- moi.
Hémon
Qu’est-ce que tu vas me dire encore ?
Antigone
Jure-moi d’abord que tu sortiras sans rien me dire. Sans même me regarder. Si tu m’aimes, jure-le-moi. (Elle le regarde avec son pauvre visage bouleversé) Tu vois comme je te le demande, jure-le-moi, s’il te plaît, Hémon... C’est la dernière folie que tu auras à me passer.
Hémon
Je te le jure.
Antigone
Merci. Alors, voilà. Hier d’abord. Tu me demandais tout à l’heure pourquoi j’étais venue avec une robe d’Ismène, ce parfum et ce rouge à lèvres. J’étais bête. Je n’étais pas très sûre que tu me désires vraiment et j’avais fait tout cela pour être un peu plus comme les autres filles, pour te donner envie de moi.
Hémon
C’était pour cela ?
Antigone
Oui. Et tu as ri, et nous nous sommes disputés et mon mauvais caractère a été le plus fort, je me suis sauvée. (Elle ajoute plus bas) Mais j’étais venue chez toi pour que tu me prennes hier soir, pour que je sois ta femme avant. (Il recule, il va parler, elle crie.) Tu m’as juré de ne pas me demander pourquoi. Tu m’as juré, Hémon ! (Elle dit plus bas, humblement) Je t’en supplie... (Et elle ajoute, se détournant, dure) D’ailleurs, je vais te dire. Je voulais être ta femme quand même parce que je t’aime comme cela, moi, très fort, et que je vais te faire de la peine, ô mon chéri, pardon ! que jamais, jamais, je ne pourrai t’épouser. (Il est resté muet de stupeur, elle court à la fenêtre, elle crie) Hémon, tu me l’as juré ! Sors. Sors tout de suite sans rien dire. Si tu parles, si tu fais un seul pas vers moi, je me jette par cette fenêtre. Je te le jure, Hémon. Je te le jure sur la tête du petit garçon que nous avons eu tous les deux en rêve, du seul petit garçon que j’aurai jamais. Pars maintenant, pars vite. Tu sauras demain. Tu sauras tout à l’heure. (Elle achève avec un tel désespoir qu’Hémon obéit et s’éloigne) S’il te plaît, pars, Hémon. C’est tout ce que tu peux faire encore pour moi, si tu m’aimes. (Il est sorti. Elle reste sans bouger, le dos à la salle, puis elle referme la fenêtre, elle vient s’asseoir sur une petite chaise au milieu de la scène, et dit doucement, comme étrangement apaisée) Voilà. C’est fini pour Hémon, Antigone.
Ismène est entrée, appelant.
Antigone ! ... Ah ! tu es là !
Antigone, sans bouger
Oui, je suis là.
Ismène
Je ne peux pas dormir. J’avais peur que tu sortes, et que tu tentes de l’enterrer malgré le jour. Antigone, ma petite sœur, nous sommes tous là, autour de toi, Hémon, nounou et moi, et Douce, ta chienne Nous t’aimons et nous sommes vivants, nous, nous avons besoin de toi. Polynice est mort et il ne t’aimait pas. Il a toujours été un étranger pour nous, un mauvais frère. Oublie-le, Antigone, comme il nous avait oubliées. Laisse son ombre dure errer éternellement sans sépulture, puisque c’est la loi de Créon. Ne tente pas ce qui est au-dessus de tes forces. Tu braves tout toujours, mais tu es toute petite, Antigone. Reste avec nous, ne va pas là-bas cette nuit, je t’en supplie.
Antigone s’est levée, un étrange petit sourire sur les lèvres, elle va vers la porte
et du seuil, doucement, elle dit.
C’est trop tard. Ce matin, quand tu m’as rencontrée, j’en venais.
Elle est sortie .Ismène la suit avec un cri :
Ismène
Antigone !
Dès qu’Ismène est sortie, Créon entre par une autre porte avec son page.
Créon
Un garde, dis-tu ? Un de ceux qui gardent le cadavre ? Fais-le entrer.
Le garde entre. C’est une brute. Pour le moment, il est vert de peur.
Le garde se présente, au garde à vous.
Garde Jonas, de la Deuxième Compagnie.
Créon
Qu’est-ce que tu veux ?
Le garde
Voilà, chef. On a tiré au sort pour savoir celui qui viendrait. Et le sort est tombé sur moi. Alors, voilà, chef. Je suis venu parce qu’on a pensé qu’il valait mieux qu’il n’y en ait qu’un qui explique, et puis parce qu’on ne pouvait pas abandonner le poste tous les trois. On est les trois du piquet de garde, chef, autour du cadavre.
Créon
Qu’as-tu à me dire ?
Le garde
On est trois, chef. Je ne suis pas tout seul. Les autres, c’est Durand et le garde de première classe Boudousse.
Créon
Pourquoi n’est-ce pas le première classe qui est venu ?
Le garde
N’est-ce pas, chef ? Je l’ai dit tout de suite, moi. C’est le première classe qui doit y aller. Quand il n’y a pas de gradé, c’est le première classe qui est responsable. Mais les autres, ils ont dit non et ils ont voulu tirer au sort. Faut-il que j’aille chercher le première classe, chef ?
Créon
Non. Parle, toi, puisque tu es là.
Le garde
J’ai dix-sept ans de service. Je suis engagé volontaire, la médaille, deux citations. Je suis bien noté, chef. Moi, je suis « service ». Je ne connais que ce qui est commandé. Mes supérieurs, ils disent toujours : « Avec Jonas, on est tranquille ».
Créon
C’est bon. Parle. De quoi as-tu peur ?
Le garde
Régulièrement, ça aurait dû être le première classe. Moi je suis proposé première classe, mais je ne suis pas encore promu. Je devais être promu en juin.
Créon
Vas-tu parler, enfin ? S’il est arrivé quelque chose, vous êtes tous les trois responsables. Ne cherche plus qui devrait être là.
Le garde
Hé bien, voilà, chef : le cadavre... On a veillé, pourtant ! On avait la relève de deux heures, la plus dure. Vous savez ce que c’est, au moment où la nuit va finir. Ce plomb entre les yeux, la nuque qui tire, et puis toutes ces ombres qui bougent et le brouillard du petit matin qui se lève... Ah ! ils ont bien choisi leur heure ! ... On était là, on parlait, on battait la semelle... On ne dormait pas, chef, ça, on peut vous le jurer tous les trois qu’on ne dormait pas ! D’ailleurs, avec le froid qu’il faisait... Tout d’un coup, moi je regarde le cadavre... On était à deux pas, mais moi je le regardais de temps en temps tout de même... Je suis comme ça, moi, chef, je suis méticuleux. C’est pour ça que mes supérieurs, ils disent : « Avec Jonas... « (Un geste de Créon l’arrête, il crie soudain.) C’est moi qui l’ai vu le premier, chef ! Les autres vous le diront, c’est moi qui ai donné le premier l’alarme.
Créon
L’alarme ? Pourquoi ?
Le garde
Le cadavre, chef. Quelqu’un l’avait recouvert. Oh ! pas grand-chose. Ils n’avaient pas eu le temps, avec nous à côté. Seulement un peu de terre... Mais assez tout de même pour le cacher aux vautours.
Créon va à lui.
Tu es sûr que ce n’est pas une bête en grattant ?
Le garde
Non, chef. On a d’abord espéré ça, nous aussi. Mais la terre était jetée sur lui. Selon les rites. C’est quelqu’un qui savait ce qu’il faisait.
Créon
Qui a osé ? Qui a été assez fou pour braver ma loi ? As-tu relevé des traces ?
Le garde
Rien, chef. Rien qu’un pas plus léger qu’un passage d’oiseau. Après, en cherchant mieux, le garde Durand a trouvé plus loin une pelle, une petite pelle d’enfant toute vieille, toute rouillée. On a pensé que ça ne pouvait pas être un enfant qui avait fait le coup. Le première classe l’a gardée tout de même pour l’enquête.
Créon rêve un peu.
Un enfant... L’opposition brisée qui sourd et mine déjà partout. Les amis de Polynice avec leur or bloqué dans Thèbes, les chefs de la plèbe puant l’ail, soudainement alliés aux princes, et les prêtres essayant de pêcher quelque chose au milieu de tout cela... Un enfant ! Ils ont dû penser que ce serait plus touchant. Je le vois d’ici, leur enfant, avec sa gueule de tueur appointé et la petite pelle soigneusement enveloppée dans du papier sous sa veste. A moins qu’ils n’aient dressé un vrai enfant, avec des phrases... Une innocence inestimable pour le parti. Un vrai petit garçon pâle qui crachera devant mes fusils. Un précieux sang bien frais sur mes mains, double aubaine. (Il va à l’homme) Mais ils ont des complices, et dans ma garde, peut-être. Ecoute bien, toi...
Le garde
Chef, on a fait tout ce qu’on devait faire ! Durand s’est assis une demi-heure parce qu’il avait mal aux pieds, mais moi, chef, je suis resté tout le temps debout. Le première classe vous le dira.
Créon
A qui avez-vous déjà parlé de cette affaire ?
Le garde
A personne, chef. On a tout de suite tiré au sort, et je suis venu.
Créon
Écoute bien. Votre garde est doublée. Renvoyez la relève. Voilà l’ordre. Je ne veux que vous près du cadavre. Et pas un mot. Vous êtes tous coupables d’une négligence, vous serez punis de toute façon, mais si tu parles, si le bruit court dans la ville qu’on a recouvert le cadavre de Polynice, vous mourrez tous les trois.
Le garde gueule.
On n’a pas parlé, chef, je vous le jure ! Mais, moi, j’étais ici, et peut-être que les autres, ils l’ont déjà dit à la relève... (Il sue à grosses gouttes, il bafouille.) Chef, j’ai deux enfants, Il y en a un qui est tout petit. Vous témoignerez pour moi que j’étais ici, chef, devant le conseil de guerre. J’étais ici, moi, avec vous ! J’ai un témoin ! Si on a parlé, ça sera les autres, ça ne sera pas moi ! J’ai un témoin, moi !
Créon
Va vite. Si personne ne sait, tu vivras. (Le garde sort en courant. Créon reste un instant muet. Soudain, il murmure.) Un enfant... (Il a pris le petit page par l’épaule) Viens, petit. Il faut que nous allions raconter tout cela maintenant... Et puis, la jolie besogne commencera. Tu mourrais, toi, pour moi ? Tu crois que tu irais avec ta petite pelle ? (Le petit le regarde. Il sort avec lui, lui caressant la tête) Oui, bien sûr, tu irais tout de suite, toi aussi... (On l’entend soupirer encore en sortant) Un enfant...
Ils sont sortis. Le chœur entre.